29/04/2005

insouciance


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c'était facile de pénétrer ton rêve. aussi simple qu'une

c'était facile de pénétrer ton rêve. aussi simple qu'une banalité d'usage. je suis rentré à l'aube. la mer avait la couleur des nuits à conclure. j'ai rejoint le troisième étage, appartement 36, de l'insouciance plein la tête. j'avais le corps en meurtrissure. un quelconque désordre, pas de douleur, pas de trace, juste ça, du négligé sur la peau. je me suis allongé sur ton côté. j'ai soulevé dans un souffle le drap. me suis glissé. dans les plis froids de l'attente. tu dormais. à cadence régulière. j'ai calqué mon souffle sur le tien et j'ai entendu la force tranquille de la vague. j'ai enlevé, avec une petite pince anatomique sans dent les griffes du chat plantées dans ton œil. tu n'as pas bronché. j'ai creusé plus encore la cambrure de tes reins. tu respirais. j'ai joué de ta chaire là. à loisir et sans fin. le soleil a traversé les tentures. doucement. une journée d'été en perspective. ce calme, c'est à tomber. même au plus bas, je suis heureux d'être dans la vie. esquisser un sourire. soupirer à l'aise. ne plus entendre claquer les portes. être en dépôt de soi. envisager le plus loin. détendre les temps. ne plus référencer les envies. et. prendre sans plus attendre l'aiguille vive, celle qui ourle le désir de fil de soie.

http://insousciance.over-blog.com/article-292548.html


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27/04/2005

place moureaux


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je me suis relevé. tu dormais. j'avais dans la tête des ge

je me suis relevé. tu dormais. j'avais dans la tête des gestes de tendresse. j'avais sur le corps des élans de paresse. j'ai marché longtemps. tête baissée. dos courbé. les mains dans les poches. le pull sur les épaules. les pieds nus. j'ai marché longtemps. bord de l'eau. le vent. à un moment de la marche, il y eut des rochers. je ne les ai pas contournés, je les ai survolés, je les ai feuilletés comme on égrène un gros livre à plusieurs centaines de pages avant même que de songer à le lire. quand je suis arrivé au pied de la falaise, je me suis laissé aspirer. je me suis relevé. encore une fois. j'avais dans la tête des mélodies anciennes. j'avais sur le corps des bleus cerclés. j'ai marché longtemps. bord de la falaise. le vent. les pieds nus dans l'herbe grasse. j'ai marché jusqu'à plus soif, jusqu'à ne plus savoir où j'en étais. j'ai marché longtemps, à regarder mes pieds, par bois et par champs, sans savoir où j'aurais l'envie d'aller. j'ai marché jusqu'à ce qu'une route. je suis rentré aux roches noires en stop. je ne pensais à rien, je ne savais rien. dans l'auto, j'ai fermé les yeux, comme pour suspendre le temps. j'avais sur les lèvres le baiser des embruns. j'avais dans la nuque la rage de la mer. j'avais au cœur des croûtes de sel. la voiture s'est arrêtée place moureaux. j'ai remercié en souriant doucement. je suis allé jusqu'à la chambre. tu dormais.


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25/04/2005

ligne de mire


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je me suis allongé dans le sable. j'ai attaché le cerf-vol

je me suis allongé dans le sable. j'ai attaché le cerf-volant à un piquet. je l'ai laissé aller rejoindre le ciel. il fut un moment ou ce n'était plus qu'un point dans une étendue abstraite. j'avais beau parcourir le ciel en tous sens, je ne voyais rien d'autre que ce point là. je n'avais pas de livre, je n'avais pas de cigarette. je n'avais que la mer et le ciel à essayer toujours de se rejoindre. parfois je crois que je dormais. parfois je me réveillais avec le point au ciel comme ligne de mire. à l'horizon il n'y avait rien. que l'infini d'une ligne. pas la crête de la vague, pas un hypothétique cargo. rien. une mer de gris, un ciel de gris; une confusion. je n'avais pas chaud, il ne faisait pas froid. c'était doux probablement. tu t'es assis. je ne sais si tu venais de la maison ou du village. tu n'as rien dit. juste la mer dans les yeux. tu semblais appeler en silence le bateau de la dérive. tu as laissé l'horizon, cette pâte à modeler, dessiner à la tête et au cœur des rêves en définitions. tu t'es allongé. sans bruit. tu as ôté ton pull de coton. la surface de ta peau était désert de lune. tu as plongé tes yeux dans le domaine du cerf volant. nous avons attendu son retour. tu as serré ma main. j'ai souri.


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22/04/2005

réfractaire


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tu es entré par effraction, à moins que ce ne fut par réf

tu es entré par effraction, à moins que ce ne fut par réfraction. je lisais le livre. ce m'était doux. bêtement doux. ce livre là je l'aimais. recroquevillé comme un vieux chiffon dans mes draps de lin. je n'ai pas entendu les clés dans la serrure. je n'ai rien entendu du tout. pas même tes pas dans l'escalier. tout le long du jour le ciel n'avait inspiré aux heures que pluie collante et brouillard à dissiper. ne pas entendre. ne pas voir. pour une fois. le livre, le lin et c'est tout. rien. rien du tout pour briser le silence. mais. quand même. la petite musique du livre. des pas dans l'escalier crois-tu. chambre sur cour et fausse trappe. les pages se tournent. le vent de même. tu entres. là. tes lèvres en suspension sur mon corps en supposition. les arbres du square n'en finissent plus de crisser. pluie. vent. éléments. crime sans châtiment. ton sexe en propension quand mon corps en approbation. gravir tous les étages. déposer entre les cuisses tous les possibles. retourner, entrechoquer, jouir de peu. des pas dans l'escalier? non, rien, pas entendu. le souffle. drap de l'un et haleine. contre à contre. tu parles. tu dors peut-être. je ne sais pas très bien. peu m'importe. ton corps las. a disposition. abandonner l'émoi. en user sans m'abuser. drap de lin et matin à risque. tourner et retourner, encore, café noir, sucré, très serré.


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20/04/2005

focalisation


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focalisation. welcome. la tête m'en tourne. vertige. état

focalisation. welcome. la tête m'en tourne. vertige. état atmosphérique au bord de la limite. indigestion. sillons à creuser. reculer. te voir. passer. l'heure du thé. inclinaison particulière. y revenir. c'est un peu partir. au loin. épaisse fumée. abuser. ne plus savoir. jeter. rejeter. mal habitué. prendre. effet et cause. toujours. écouter. de peu. écourter. beaucoup. arriver. déjà. repartir. en fin et en deux mots. chanter. là et là. doré. la mélodie. encore. voyager. léger. les roches. paris. bruxelles. pour quelle nationalité. focalisation. welcome. ça s'agite. pas de panique. un soir. un jour. un milieu. on continue. rouler. refaire. la route. à coup de dés. choisir. destination à offrir. par le menu. tracer. compiler. revenir. welcome. sur les bords. de la cannelle. terrer. une vue. lointaine. chausser. extasier. tu es passé. je me décline. identité. référencer. yes or no et kif-kif la belle chose. prendre corps. reformer. agiter. pas sage. chercher une rue. se confondre en issues. le beau secours. rire. planifier. lire l'indication. tu me dis que. oui je sais tu es passé. focalisation. welcome.


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18/04/2005

opacité


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je confonds tes jours, tu trempes mes nuits. tout est pertur

je confonds tes jours, tu trempes mes nuits. tout est perturbé. proximité de pacotille. enchaînons vite. passons. outré par les travers. attendre sans fin. tu me crèves âmor. je me répète et je m'en tape. c'est récurrent. de la javel en injection. baxter en délabrement. revenir au blanc. l'opacité invisible. palper les débordements. faire preuve de sens. retourner tes plaines en jachère. moissonner l'impossible. oublier de peu. incriminer sans faire de tache. défier le réel. armes aux corps. état en limites. ne pas tout croire. argent compté. ne plus tout voir. territoire aéré.


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16/04/2005

sourdre à tous les temps


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tu ne crois pas ce que je vois pas plus que je n'entends ce

tu ne crois pas ce que je vois pas plus que je n'entends ce que tu dis. l'échange sourd invisible. le flot des paroles se cristallise sur des branches mortes. l'horizon de mes vues n'est qu'une abstraction sans définition. tu me parles de renaissance, de cette merveilleuse saison qui ouvre tous les possibles. je ne vois que des taches jaunes et vertes sur fond blanc qui me donnent la nausée. tu t'endors en pleurant, je m'éveille déjà mort. tu comptes les étoiles du ciel, je n'ai d'attention que pour l'astre roi. je ne sais où et je ne sais pas pourquoi. mes questions t'agacent. tes réponses ne me comblent pas. je parle au vent, les yeux plongés dans la mer. tu laboures les sillons de la mémoire pour mieux en chasser l'animal qui s'y terre. rien ne remonte à mes surfaces. et pourtant. nous. une inévitable corrasion. grain à grain, contre le vent, sans ne plus rien voir, sans ne plus rien entendre, sans ne plus rien en attendre. noués de nous. là. dans un puit de lumière sans suite. voués de tout. ici. une interminable conduite.


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15/04/2005

1278726458


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"Je ne vous répondais pas. Je gardais toutes les lettres. I

"Je ne vous répondais pas. Je gardais toutes les lettres. Il y avait en haut des pages le nom de l'endroit où elles avaient été écrites et l'heure ou le temps: Soleil ou Pluie. Ou Froid. Ou: Seul. Et puis une fois, vous êtes resté longtemps sans écrire. Un mois peut-être, je ne sais plus pour ce temps-là ce qu'il avait duré. Alors à mon tour dans le vide laissé par vous, cette absence des lettres, des appels, je vous ai écrit pour savoir pourquoi vous n'écriviez plus, pourquoi d'un seul coup, pourquoi vous aviez cessé d'écrire comme violemment empêché de le faire, par exemple par la mort."
 
(in Yann Andréa Steiner, Marguerite DURAS aux éditions P.O.L)

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13/04/2005

la mer de face


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je me suis installé aux roches noires. sans savoir combien

je me suis installé aux roches noires. sans savoir combien de temps cela allait durer. tu n'aimes pas que je parle de ces roches là. tu aurais voulu quoi, que je parle de la rue de lège ou de l'avenue du prince? désolé d'être à ce point. a ce point quoi finalement? fétichiste? ça te va comme ça fétichiste? aux roches, j'ai la mer de face, en pleine gueule, en pleine poire, elle bousille mes vues et à moi ça me va. je guette l'horizon, cette petite ligne à fascinations. je regarde les cargos partir. je joue avec les enfants. je lance mes voiles au ciel. je guette les marins. et ça me va. et Elle est là. pas loin. dans cette mer à toujours vouloir revenir. cette mer qui accueille en son sein tous les fleuves, toutes les rivières. je reste ici. je vois. c'est bien. avant d'autres que toi. je laisse faire. je divague, sur les hauts des crêtes. il y a peu. au bord même du fleuve. nous étions oiseaux de nuit. faire des images. encore. pour toujours. inlassablement. persuadés. c'est là que nous avons écrit notre premier livre. te souviens-tu? cet invisible liquide édité par les actes. nous dormions peu. nous fumions beaucoup. nous baisions souvent. entre deux. ton sexe en évidence, mon sexe en sur brillance. ils ont flingué la photo les mateurs. vlan dans les toiles. et vas y que je te colle. zéro pointé. mais qu'est-ce que je m'en fous. le "linceul" c'était après. avant le brésil et le japon. le jour de l'inauguration nous nous sommes roulés une pelle devant les regards médusés de la sainte orthodoxie locale. qu'est-ce qu'il m'emmerde l'autre avec les roches? toi, là, normandie, quand je ne voulais pas faire l'amour tu disais que tu allais me tuer et je te croyais. alors. m'exécuter. avant que tu ne me haches par le menu. je disais l'autre soir à JB que le silence m'était musique. nous écoutions les smashing pumpkins, one upon a time in my life. il était une fois. la vie. oui, c'est ça. et shoot again. l'image. encore. et smoke it again. pleine nuit. la fin des loups. a coup de mitraillettes sur le boulevard wilson. et puis. rejoindre le fleuve. un dernier stick. pour la route. et puis fuck. et puis shoot. et puis le soleil qui arrive sans qu'on l'attende. il est quelle heure déjà? je me suis installé aux roches noires. je ne savais pas combien de temps cela allait durer. je suis monté dans le train. je me suis arrêté rue de liège que tu ne connais pas. j'y suis resté prostré quelques jours. et puis j'ai repris le train pour l'avenue du prince.


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fill in the blanks


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tant que le vent de tes brumes me portera, je m'accrocherai

tant que le vent de tes brumes me portera, je m'accrocherai à tes ailes.

tant que le chant de la lune me bercera, je m'échouerai sur tes îles.

tant que le blanc de tes vides me comblera, je lisserai la surface du drap.

tant que le double de l'ombre me débordera, je croiserai nos doigts.


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12/04/2005

toi d'abord


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l'horizon se perd en lignes. tu ne sais plus très bien comm

l'horizon se perd en lignes. tu ne sais plus très bien comment le regarder tant cette ligne te penche. épanchement à ton cou, la morsure est radicale. nager, brasse coulée, la tête hors. les surfaces sont des miroirs piégés. quand tu marches, tu regardes le sol et le trottoir se met à briller. la tête courbée, l'effort de la nuque. ça tire un peu, tu en as l'habitude. la nage est la même. tu brasses en courbe, remodelant l'idée de l'horizon. quand tu ouvres les yeux, l'eau salée est trop acide. tu voudrais voir le sourire renaître. tu écris des mots noirs sur blancs. je clos le chapitres de mes lèvres. tout aussi, tout au temps. éperdu. r. et a. s'épousent à des kilomètres. un univers en partage à des mille et des mille. ça déboule dans la sphère. et ta tête. tu y penses parfois? tu regardes quoi quand tu lui dis? il faudrait apprendre à oser, il faudrait oser apprendre. tu le sais. question de nuances. c'est pas ton fort. tes gris balancent. côté noir, côté blanc, jamais tout pile. pas ici, pas de milieu juste. l'un ou l'autre. radicales. et ta tête se dévisse, et l'horizon toujours se balance. a quelle direction se vouer?


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11/04/2005

(c) michael vesen


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dans l'azur de tes lustres, à la croisée de l'orient et de

dans l'azur de tes lustres, à la croisée de l'orient et de l'occident, sans plus songer aux oui dire, sans plus penser au non des mots dits, je me suis endormi doucement. c'est dans la nasse, c'est dans la sonde que je trouve un refuge paisible. enveloppé, enroulé comme l'animal en son terrier, je laisse, tranquille, le temps se faire mesure. dans me songes, je fredonne des chansons qui disent que nous avons tous un bateau dans le cœur, des terres de france qui enivreraient d'autres rivages en devenir. si mes rêves sont mélodieux, ils n'en sont pas moins parfumés. je dessine des jardins de roses et de laitues, je sème a tout rompre cumin et curcuma, je découvre les plaines, j'étends la rumeur de la vague. tu m'enivres. je vis mille vies comme j'aurais pu vivre mille morts. dans ces vies de sommeil je tisse en haute lisse des désirs dorés. je suis là, tu ne le sais pas. je nage en toi des brasses impromptues. je vogue à la surface de mes dérives. je suis océan et ruisseau. je circule, libre et léger. mes yeux se ferment sans que je puisse dire ou faire. je suis là. encore et pour toujours. et dire que tu ne le sauras probablement jamais.



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08/04/2005

1278726427


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sur des monts à serrer, je dessine tes dunes. vol du vent e

sur des monts à serrer, je dessine tes dunes. vol du vent et courbes fines s'entremêlent à loisir. c'est beau la plage quand tu dors. c'est beau la roche à caver. l'eau étendue déborde tous les sens. voguons matelot vers des régions à tendre. je dépose ici mes armures. j'entrepose là mes chimères. conservons nos malles. abritons nos dédits. le ressac ne serait-il donc rien d'autre qu'un simple mouvement? ton souffle soulève ton corps. et perdu. l'envie de crier ton nom est ma plus belle évidence. axel. marin de mes eaux douces. j'imprime ton image, je détoure tes silhouettes. je marche à l'eau. de ce peu qui me suffit. la mer ne contrarie pas ton sommeil. elle est toute attention. elle s'éloigne, elle s'en revient. à jamais perdurer. préparer le thé, verser les tasses, déposer, machinal mes lèvres contre. tout contre. l'histoire n'aura jamais de cesse de se répéter. balancier et balancement. rien d'infernal à cette cadence. demain disais-tu, le jour qui se lève.


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07/04/2005

1278726426


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tu ne me croiras certainement pas. je suis sorti aujourd'hui

tu ne me croiras certainement pas. je suis sorti aujourd'hui. c'est venu comme ça. une envie plus qu'un désir. sans prozac ni valium. la nuit a été douce. le sommeil lourd. les fenêtres toutes grandes ouvertes. j'ai bien dormi. je n'ai rêvé de rien. juste ça; bien dormi. j'ai bu plusieurs tasses de café sans rien manger. fumé quelques Benson. écouté les oiseaux. je me suis douché sans me raser. cela fait plusieurs jours que je ne me rase plus. j'ai laissé couler l'eau chaude longtemps. j'ai limé mes ongles en leur donnant une forme nette, bien droite. dans la garde robe, j'ai choisi un costume de laine fine. noir. une chemise de lin au col cassé. blanche. mes chaussures montantes en daim que nous avions achetées ensemble à Rome. j'ai marché longtemps. longtemps au bord de l'eau. seul avec la mer pour témoin. j'ai laissé courir mes mains sur les rochers. je n'ai pas eu mal, pas le temps de réaliser, juste le temps de saigner un peu. pas grave. pas mal. juste le temps. a la villa Arson j'ai acheté des cartes postales. j'aurais pu acheter Libé ou Le Monde tout pareil. pas envie de lire. pas ça. pas là. pas aujourd'hui. je me suis réfugié au Westminster. pas dehors non. a l'intérieur. bien calé. loin des vitrines où l'on pose. café, clope, fauteuil, clope, café, clope et clope et café encore. j'ai écrit mes cartes à des inconnus. j'ai imaginé des visages, inventé des noms, découvert d'autres adresses et visité des villes nouvelles. Raphaël Cumin de l'avenue du Prince recevra peut-être mes plus sincères salutations, quant à Inès Dupin, j'espère qu'elle lira mon bouquet de roses et de jasmin, au 15 de la rue des mimosas. au dos de l'enveloppe, j'ai tracé les lettres de mon nom. adresse inconnue, code postal erroné. le facteur saura à quoi s'en tenir. dans l'après-midi le vent s'est levé. comme ça. sans prévenir. sans que je m'y attende. il y eut comme un dessin des arbres aux reflets du ciel. dans les ruelles de la vieille ville, des enfants chantaient des histoires de pape araignée. je ne sais pas pourquoi, cela me fit penser à "La mort de la phalène" de Virginia Woolf. je suis rentré. j'ai dormi un peu, soûlé d'air et d'écume. je me suis déshabillé. j'ai attendu.


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06/04/2005

1278726419


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c'est ici. a moins que ce ne soit là. dans le fond je ne sa

c'est ici. a moins que ce ne soit là. dans le fond je ne sais plus très bien. et puis quelle importance. je me souviens. c'est arrivé. ainsi. je me suis assis. j'ai attendu longtemps. les jours enchaînaient les nuits. inexorablement. toujours là. tenir la pause comme d'autres se persuadent de leurs songes. très vite, il y eut des plis sur la peau de mon front. trop vite, il y eut de l'ankylose sur mes muscles. je crois ressentir encore les vides de ma tête. ça ne faisait pas vraiment mal. un état défait plus qu'autre chose. le plus dur fut d'attendre. cette distorsion à durée illimitée. et puis. très vite. encore. les jours se ressemblent quand à l'heure de la nuit rien ne se rassemble. j'ai regardé passer. j'ai regardé faire. un calme que je ne saurais dire. un silence ni meurtrier ni apaisant. juste ça. un silence. puis. j'ai rêvé à des lignes. elles étaient toutes semblables. elles ne dessinaient que du vide dans leur incapacité à soutenir quoi que ce soit. elles ne me menaient nulle part. à ce moment du rêve, je ne parvenais plus à me situer. étais-je ici, ou bien étais-je dans l'ailleurs? j'ai dormi je crois. au sortir de ce magma informe, il y avait sur la table cette chose ronde et liquide rehaussée de rouge. une découverte? un sens de vie? une pirouette? je ne sais toujours pas. tu me dis que la vie est une tragédie ordinaire. tu as raison, le drame est terriblement humain.



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